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Le « théorème de Coase », une réflexion sur les fondements microéconomiques de l’intervention publique

par Elodie Bertrand et Christophe Destais

mardi 2 octobre 2018

Alors que les termes du débat sur la nécessité que l’État intervienne dans la gestion des grands équilibres macro-économiques sont devenus familiers depuis que les idées de Keynes ont été mises en œuvre puis contestées, les notions économiques qui justifient ou non l’intervention publique sur les structures et les comportements économiques sont moins connues, surtout si l’on s’intéresse à un champ plus large que les traditionnelles politiques de la concurrence. Dans les pays d’Europe occidentale où l’activité normative de l’État est particulièrement importante dans tous les domaines de la vie économique et sociale, la question mérite pourtant qu’on s’y arrête.

La justification traditionnelle de l’intervention de l’État sur les structures économiques s’appuie sur la notion de « défaillance de marché » (market failures). Elle se situe dans la tradition de l’économie néo-classique. Pour les économistes qui en ont été les promoteurs, au premier rang desquels figurait Pigou  – on parlera pour cette raison de « tradition pigovienne » –, la mission de l’État est d’influer sur les comportements des agents économiques de telle sorte que le résultat de l’interaction entre ces comportements corresponde à l’optimum atteint dans le modèle de concurrence parfaite. Dans un article resté célèbre et qui a fait l’objet de nombreux commentaires, parfois divergents, Ronald H. Coase, prix Nobel d’économie 1991, montre sur la base d’exemples tirés de la jurisprudence anglaise et américaine que, dans un monde où les coûts de transaction sont nuls et où les droits de propriété sont clairement définis, le libre jeu de la négociation aboutit à un optimum indépendant de l’attribution initiale des droits. C’est ce qui a par la suite été nommé le « théorème de Coase ». Il n’est pas simple de tirer du théorème de Coase des conclusions claires et opérationnelles quant à la portée et aux modalités de l’intervention de l’État. Il conduit toutefois à remettre en cause le caractère automatique de la nécessité de l’intervention de l’État en présence de défauts de marché, au bénéfice d’une analyse pragmatique, au cas par cas, des bénéfices et des coûts qu’elle engendre.

Après un bref résumé des thèses pigoviennes (1), le théorème de Coase sera développé plus en détail et sa pertinence discutée (2). La portée du théorème sur le champ et les modalités de l’intervention de l’État sera ensuite examinée (3).

Lire la suite en ligne :
https://www.cairn.info/revue-reflets-et-perspectives-de-la-vie-economique-2002-2-page-111.htm


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