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Six idées économiques fondamentales - 6/6 - Le théorème d’incompatibilité de Mundell

Le nouvel économiste - 07/09/2016

samedi 12 mai 2018

Pourquoi un taux de change fixe, l’autonomie monétaire et la libre circulation des capitaux sont incompatibles

Il fut demandé à Hillel HaZaken, chef religieux du siècle 1er, de résumer la Torah en se tenant sur une jambe. “Ce que tu ne voudrais pas que l’on te fît, ne l’inflige pas à autrui. C’est là toute la Torah, le reste n’est que commentaire. Maintenant, va et étudie”, répondit-il. Michael Klein de l’Université de Tufts, écrit que les idées de la macroéconomie internationale (l’étude du commerce, de la balance des paiements, des taux de change, etc.) pourraient être expliquées de manière similaire : “Les gouvernements font face à un trilemme politique, le reste n’est que commentaire”.

Le trilemme politique, aussi appelé “trinité impossible ou incohérente”, dit qu’un pays doit choisir entre la libre circulation des capitaux, la gestion des taux de change et l’autonomie monétaire (les trois sommets d’un triangle). Seuls deux des trois sont possibles. Un pays qui veut fixer la valeur de sa monnaie et avoir une politique de taux d’intérêt libre de toute influence extérieure (côté C du triangle) ne peut autoriser la libre circulation des capitaux à l’intérieur de ses frontières. Si le taux de change est fixe, mais que le pays est ouvert aux flux de capitaux transfrontaliers, il ne peut avoir une politique monétaire indépendante (côté A du triangle). Et si un pays choisit la libre circulation des capitaux et veut l’autonomie monétaire, il doit laisser sa monnaie flotter (côté B du triangle).

Pour comprendre le trilemme, imaginons un pays qui fixe son taux de change par rapport au dollar américain et est également ouvert aux capitaux étrangers. Si la banque centrale fixait les taux d’intérêt supérieurs à ceux fixés par la Réserve fédérale, le capital étranger en recherche de rendements plus élevés arriverait en masse. Ces entrées augmenteraient la demande pour la monnaie locale, ce qui briserait l’arrimage au dollar. Si les taux d’intérêt sont maintenus sous les taux américains, le capital quitterait le pays et la monnaie s’effondrerait.

Lorsque les obstacles aux flux de capitaux sont indésirables ou inutiles, le trilemme se résume à un choix : entre un taux de change flottant et le contrôle de la politique monétaire ; ou un taux de change fixe et la servitude monétaire. Les pays riches ont généralement choisi le premier, mais les pays qui ont adopté l’euro ont choisi ce dernier. Avant même son lancement en 1999, le sacrifice de l’autonomie de la politique monétaire que la monnaie unique impliquait était clair.

Durant le processus, les membres aspirants avaient arrimé leur monnaie au deutsche mark. Depuis que le capital se déplace librement en Europe, le trilemme a obligé des candidats à suivre la politique monétaire allemande, la puissance régionale. Le chef de la banque centrale néerlandaise, Wim Duisenberg (qui est ensuite devenu le premier président de la Banque centrale européenne), a gagné le surnom de “Monsieur 15 Minutes” en raison de la rapidité avec laquelle il copiait les changements de taux d’intérêt de la Bundesbank.

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