Quelques lectures utiles
Quelques lectures utiles
ENC Bessières D1/D2
Site de l'académie de Paris

Accueil > Divers > Six idées économiques fondamentales - 3/6 - Le monde selon Keynes : les (...)

Six idées économiques fondamentales - 3/6 - Le monde selon Keynes : les effets multiplicateurs de l’investissement public

Le nouvel économiste - 17/08/2016

samedi 12 mai 2018

La relance budgétaire par la dépense publique, une idée qui a fait débat et le fait encore

Au pire de la crise de l’euro, quand les rendements de la dette de certains pays d’Europe du Sud atteignaient des sommets sur les marchés et que plusieurs menaçaient de faire défaut, la BCE et les pays les plus en forme de la zone euro ont évité le désastre en proposant des plans de sauvetage. Mais des conditions y étaient attachées. Ils obligeaient les gouvernements emprunteurs à appliquer une discipline stricte qui ramènerait les budgets nationaux à un déficit soutenable. Certains économistes trouvaient que ces coupes budgétaires douloureuses étaient une triste nécessité. D’autres qu’elles risquaient de provoquer des effets secondaires, comme une croissance en berne et, par conséquent, une diminution des recettes publiques, jusqu’à rendre ces pays encore plus pauvres et plus endettés.
En 2013, les économistes du FMI ont publié leur évaluation de ces programmes d’austérité. Ils ont provoqué bien plus de dégâts qu’on ne l’avait prédit, y compris le FMI. Où le FMI s’était-il trompé dans ces premières prédictions optimistes ? Il avait sous-estimé – tragique erreur – les effets multiplicateurs des dépenses publiques.

Le multiplicateur est une idée simple, puissante et très controversée. C’est l’un des fondements de la macroéconomie selon Keynes. Depuis 80 ans, sa cote a follement fluctué. D’abord vu comme un point fondamental, puis méprisé comme une notion dépassée, il est à nouveau à la mode. L’idée de l’effet multiplicateur est sortie d’un intense débat sur les mesures nécessaires pour sortir d’une récession. Dans les années 1920, la Grande-Bretagne avait sombré dans la crise. La Première guerre mondiale avait fait augmenter les prix et baisser la livre sterling. Le gouvernement tenait néanmoins à maintenir le cours de la livre à son niveau d’avant-guerre. Il avait adopté une politique monétaire trop rigide, avec pour conséquences une inflation prolongée et une économie atone.

Les économistes de l’époque débattaient des décisions à prendre pour améliorer les conditions de vie des ouvriers, frappés de plein fouet. Dans ces propositions, il y avait un programme d’investissements publics qui, pensaient certains, remettrait les chômeurs au travail. Le gouvernement britannique refusa absolument d’entériner une telle chose. S’il affectait l’argent public à la construction de nouvelles routes, par exemple, il allait priver les entreprises privées de ces contrats. C’était la sagesse conventionnelle de l’époque (souvent appelée la “Treasury view”, ou opinion du Trésor).

On croyait que la dépense publique financée par l’emprunt n’agissait pas sur l’activité économique, car la quantité d’épargne disponible pour l’emprunt dans l’économie est fixe. Si le gouvernait prélevait du capital pour construire les nouvelles routes, il privait les entreprises privées de la même somme. Une augmentation des dépenses publiques et des emplois dans un secteur de l’économie ne pouvait se faire qu’au détriment des dépenses et des emplois dans un autre.

Quand le monde entier sombra dans la Grande dépression et que la crise en Grande-Bretagne s’aggrava, il y eut des voix plus énergiques pour contester cette vue des choses. En 1931, Baron Kahn, un économiste britannique, publia un article soutenant l’opinion inverse : que l’investissement de l’État donnerait non seulement un coup de pouce à l’investissement direct, mais aurait des “répercussions bénéfiques”. Si la construction de nouvelles routes pouvait arracher les ouvriers au chômage et leur permettre de dépenser eux aussi plus, maintenait-il, alors cela produirait une augmentation globale du nombre d’emplois.

La suite ici


| Plan du site | Mentions légales | Suivre la vie du site RSS 2.0 | Haut de page | SPIP | ScolaSPIP
Quelques lectures utiles (académie de Paris)