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Six idées économiques fondamentales - 1/6 - L’asymétrie de l’information

Le nouvel économiste - 03/08/2016

samedi 12 mai 2018

L’article de George Akerlof, ‘Le marché des citrons’ [1970], est une pierre angulaire de l’économie de l’information. La première de notre série sur les idées économiques fondamentales qu’on a refusé d’entendre à temps

En 2007, l’État de Washington a introduit une nouvelle loi pour rendre le marché du travail plus équitable : il fut interdit aux entreprises de vérifier la solvabilité des candidats. Des militants avaient accueilli la nouvelle loi comme une étape franchie vers l’égalité, un candidat avec une faible solvabilité étant plus susceptible d’être pauvre, noir ou jeune. Depuis lors, dix autres États américains ont fait de même. Mais lorsque Robert Clifford et Daniel Shoag, deux économistes, ont récemment étudié les effets de cette interdiction, ils ont constaté qu’elle signifie moins d’emplois pour les Noirs et les jeunes, pas plus.

Avant 1970, les économistes n’avaient pas assez d’éléments relevant de leur discipline pour résoudre ce casse-tête. En effet, ils ne pensaient pas du tout au rôle de l’information. Sur le marché du travail par exemple, la théorie supposait que les employeurs connaissent la productivité de leurs employés – ou employés potentiels –, et que grâce à la concurrence, ils les rémunéraient exactement à hauteur de la valeur qu’ils produisent.

Vous pourriez penser qu’une recherche qui invaliderait cette conclusion allait être immédiatement vue comme une percée importante. Pourtant, quand à la fin des années 1960, George Akerlof écrit un article intitulé ‘Le marché des citrons’ qui fit exactement cela, et qui plus tard lui valut un prix Nobel, l’article fut rejeté par trois grandes revues d’économie.

À l’époque, M. Akerlof était professeur adjoint à l’Université de Californie, à Berkeley ; il venait à peine de terminer son doctorat au MIT en 1966. C’est peut-être la raison pour laquelle l’‘American Economic Review’ a pensé que ses idées étaient insignifiantes. ‘The Review of Economic Studies’ partageait cette opinion. ‘The Journal of Political Economy’ était pratiquement de l’opinion contraire : il ne pouvait pas supporter les implications de l’article. M. Akerlof, désormais professeur émérite à Berkeley et époux de la présidente de la Réserve fédérale, Janet Yellen, se souvient de la réponse du rédacteur en chef : “Si ce que vous écrivez est correct, l’économie serait différente”.

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