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La théorie du capital humain de Gary Becker

Le nouvel économiste - 25/08/2017

samedi 12 mai 2018

Gary Becker a placé l’humain au cœur de l’économie, et insisté sur le rôle de l’investissement dans le capital humain, en particulier l’éducation. Retour sur un concept économique majeur.

Pourquoi les familles ont-elles moins d’enfants dans les pays riches ? Pourquoi les entreprises des pays pauvres offrent-elles souvent des repas à leurs salariés ? Pourquoi chaque nouvelle génération passe-t-elle plus de temps sur les bancs de l’école que les précédentes ? Pourquoi le salaire des travailleurs très qualifiés a-t-il augmenté alors même qu’ils étaient toujours plus nombreux ? Pourquoi les universités devraient-elles prélever des frais de scolarité ?

Voilà un éventail incroyablement large de questions. Certaines réponses paraissent intuitives, d’autres plus troublantes. Pour Gary Becker, cet économiste américain décédé en 2014, un fil rouge reliait toutes ces questions entre elles : le capital humain.

En termes simples, le capital humain désigne les aptitudes et les talents qui rendent les individus productifs. Le savoir en est la composante essentielle, mais d’autres facteurs comptent aussi, du sens de la ponctualité jusqu’à l’état de santé. L’investissement dans le capital humain correspond donc principalement à l’éducation, mais intègre aussi d’autres éléments, comme par exemple la transmission de valeurs parentales, ou encore le régime alimentaire. Tout comme l’investissement dans le capital technique (qu’il s’agisse de construire une nouvelle usine ou de moderniser du matériel informatique) peut être payant pour une entreprise, l’investissement dans le capital humain s’avère aussi payant pour les individus. Les revenus des travailleurs instruits dépassent généralement ceux de la population générale.

Capital humain spécifique et générique

Tout cela peut sembler évident. Au XVIIIe siècle déjà, l’économiste Adam Smith avait remarqué que la production ne dépendait pas seulement de l’équipement et du terrain, mais aussi des aptitudes des travailleurs. Pourtant, avant que Gary Becker n’examine les rapports entre éducation et revenus dans les années 1950, peu d’attention était accordée au lien entre ces aptitudes et la théorie économique ou les politiques publiques.

Les économistes avaient au contraire pour habitude de concevoir le travail comme une masse indifférenciée de travailleurs, amalgamant travailleurs qualifiés et non qualifiés. Au point que certains sujets, comme la formation, étaient abordés sous un angle pessimiste. Arthur Pigou, l’économiste anglais auquel est attribuée la paternité du terme “capital humain”, anticipait une pénurie de travailleurs qualifiés : il prévoyait que les entreprises ne verraient pas d’intérêt à former leurs salariés à de nouvelles compétences, au risque qu’ils soient ensuite débauchés par leurs concurrents.

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