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Vitalik Buterin, créateur de la cryptomonnaie Ethereum

Le nouvel économiste - 07/05/2018

samedi 12 mai 2018

Le codeur de la crypto-monnaie Ethereum évoque la bulle du bitcoin, et les hauts et les bas d’une existence aux manettes d’une des blockchains les plus prometteuses au monde

Dans les hauteurs du quartier de Monterey Heights à San Francisco se dresse un modeste pavillon. Il serait parfaitement ordinaire si ses grandes fenêtres n’étaient pas recouvertes de gribouillis vert fluo : équations à moitié terminées, squelettes d’architecture informatique. Ce sont des traces laissées par les codeurs qui y trouvent refuge.

Vêtue de sweats à capuche et de jeans, cette troupe d’une quinzaine de développeurs ressemble aux garçons perdus de Peter Pan. Malgré leur jeunesse (à peine plus de vingt ans), ces programmeurs sont au cœur de l’histoire financière la plus extraordinaire de ces derniers mois : les crypto-monnaies, ces jetons numériques sans valeur intrinsèque, ont subitement atteint plusieurs milliards de dollars. Je suis ici pour rencontrer le chef de file des codeurs, Vitalik Buterin, créateur russo-canadien d’Ethereum. Parmi les centaines d’ersatz de Bitcoin à avoir vu le jour au cours des sept années ayant suivi l’émergence de la première crypto-monnaie, Ethereum est sans doute la plus florissante. Plus tôt cette année, lorsque j’avais pris une voiture Lyft (un équivalent d’Uber) pour me rendre au siège social de San Francisco par un matin humide et nuageux, la valeur totale d’Ethereum se situait à environ 125 milliards de dollars – juste derrière Bitcoin.

Après m’être frayée un chemin entre ses fervents disciples, je reconnais ce jeune homme fin et sec que j’ai plusieurs fois eu l’occasion de voir sur les estrades de conférences technologiques. Il me serre la main avec précaution, les doigts à plat. Avec ses joues creusées et ses cheveux bruns duveteux, il ressemble plus à un prodige des mathématiques qu’à un magnat de la technologie.

Nous avions réservé dans un restaurant mexicain chic du quartier latino de Mission à San Francisco, mais j’ai appris à la dernière minute qu’il préférait commander tranquillement un repas à domicile dans ce QG, la deuxième maison d’Ethereum. Il porte un t-shirt jaune canari mal ajusté et imprimé d’un personnage de dessin animé, un pantalon de survêtement noir et une montre avec un bracelet en plastique rose. Sur le cadran, un chat digne d’Alice au pays des merveilles sourit de toutes ses dents, exposant les rouages internes en transparence. Je lui demande son âge précis. Il répond sans hésitation : “23,96”.

C’est son père Dmitry, lui aussi informaticien, qui lui a fait découvrir les concepts de blockchain et de crypto-monnaie. Il a encouragé son fils à concevoir des jeux vidéo depuis l’âge de 10 ans. Puis, en 2011, il l’a initié au bitcoin. Créé deux ans plus tôt, dans un monde sous le choc de la faillite du système bancaire, le protocole Bitcoin offre aux utilisateurs la possibilité d’échanger de l’argent en ligne en l’absence d’un établissement bancaire jouant un rôle d’intermédiaire dans la transaction. Le mystérieux inventeur du Bitcoin demeure inconnu, mais parmi ses parrains se trouvent les “cypherpunks” [composé à partir de l’anglais “cipher”, qui signifie chiffrement, ndlt] : des pirates défenseurs de la vie privée, déterminés à saper les autorités qui nous ont menés à la crise financière.

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