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Les taux de fécondité européens à la lumière des politiques familiales

Le Monde - 17.01.2018

samedi 20 janvier 2018

Le nombre d’enfants par femme est de 1,5 en Allemagne, contre 1,35 en Italie et en Espagne

En France, le taux de fécondité des femmes s’affiche en baisse, mais reste, à 1,88 enfant par femme, l’un des plus forts d’Europe, selon les chiffres publiés par l’Insee mardi 16 janvier. Chez les pays voisins, la situation du marché de l’emploi et les politiques familiales influent sur ce taux, et le dynamisme démographique demeure un enjeu politique.

Allemagne Dans la période récente, c’est chaque année une petite satisfaction : le taux de fécondité est en hausse. A 1,5 enfant par femme, il a renoué avec son niveau de 1982. En 2016 (dernières données disponibles), le nombre de naissances a même atteint un nouveau pic, à 792 000, confirmant une nette remontée depuis 2011, où l’Allemagne avait enregistré un minimum à 663 000 naissances.

Le pays enregistre les effets d’une politique familiale volontariste mise en place durant le premier mandat d’Angela Merkel, qui avait introduit le salaire parental et considérablement augmenté le nombre de places en crèche. Les effets sont nets : selon l’office fédéral des statistiques, le taux de fécondité des femmes allemandes a bondi de 1,34 à 1,43 entre 2011 et 2015, avec un record en Saxe, dans l’Est du pays, à 1,59. Mais les experts estiment que c’est la forte hausse de l’immigration depuis 2009 qui a permis à l’Allemagne de faire progresser le plus sa natalité. Le taux de fécondité des femmes d’origine étrangères était de 1,95 en 2015.

Royaume-Uni Le taux de fécondité, qui avait atteint 1,94 enfant par femme en 2012 après une remontée continue depuis le début des années 2000, est retombé à 1,8 en 2016, largement au-dessous du seuil de renouvellement. Plus obsédés par l’équilibre budgétaire que par la vivacité démographique, les gouvernements conservateurs qui se sont succédé depuis 2010 cherchent à décourager la naissance d’un troisième enfant dans les familles modestes. Ainsi, les troisièmes enfants nés depuis le 6 avril 2017 ne donnent plus droit à un avantage fiscal ni à des allocations supplémentaires. La réforme est officiellement destinée à " encourager les parents à réfléchir à leur capacité à supporter un enfant supplémentaire ".

Irlande La catholique Irlande se distingue par un des taux de fécondité les plus élevés d’Europe avec 1,9 enfant en moyenne par femme en 2016, mais qui connaît une chute continue depuis 2008-2009 où elle atteignait 2,06. Loin cependant derrière le taux record de 1964 : 4,07 enfants par femme en moyenne.

Italie Le nombre des naissances n’en finit pas de baisser. Avec 473 000 naissances en 2016 pour 615 000 décès, la péninsule a enregistré un solde naturel négatif de 150 000 personnes environ, plus grave encore que les années précédentes. La situation n’a jamais été aussi préoccupante, et ce phénomène est parti pour durer : si l’indice de fécondité, qui était tombé à moins de 1,2 enfant par femme au milieu des années 1990, est quelque peu remonté, pour atteindre les 1,44 au début des années 2010, avant de recommencer à reculer à 1,35, le phénomène de dénatalité est installé depuis si longtemps que le nombre de femmes en âge de procréer est en chute libre. Selon les données de l’Institut italien des statistiques, publiées début janvier, 11 millions de femmes sont en âge d’enfanter (entre 18 et 49 ans), et la moitié d’entre elles n’ont pas d’enfants.

Espagne Le pays vieillit et se vide, sans que les pouvoirs publics cherchent à mettre en place de véritable politique d’aide à la natalité. Il présente l’un des plus faibles taux de fécondité d’Europe : à peine 1,34 enfant par femme. Pour la troisième année consécutive, l’Espagne s’attend à un solde naturel négatif en 2017. Le gouvernement ne consacre que 1,2 % de son budget aux politiques familiales. Sauf pour les familles en risque de pauvreté, les allocations familiales se limitent à une aide de 100 euros mensuelle pour les mères qui travaillent, limitée aux trois premières années de l’enfant. Ce manque d’aides sociales et le taux de chômage de 16 % qui explique le départ tardif des jeunes du foyer parental (29 ans en moyenne), composent le cocktail de cette grave crise démographique.

Pologne En dépit d’une large adhésion au catholicisme et de difficultés d’accès à la contraception, la Pologne a l’un des taux de fécondité les plus bas d’Europe, à 1,36 enfant par femme en 2016. Le léger rebond constaté depuis 2013 s’expliquerait par un chômage en forte baisse, des salaires en hausse, l’agrandissement de l’offre de places en crèche et en école maternelle et la mise en place d’allocations familiales de 120 euros par enfant à partir du deuxième, sans condition de revenus. Mais la natalité demeure entravée par des obstacles plus structurels comme le manque de logements, la précarité du marché du travail et la longueur du congé maternité (jusqu’à un an), qui dissuade les entreprises d’embaucher des femmes en âge de procréer.

Hongrie Le nombre des décès dépasse celui des naissances -depuis 35 ans. La politique nataliste du souverainiste Viktor Orban, l’une des plus généreuses d’Europe pour les familles de plus de trois enfants, permet un frémissement. Mais avec 1,49 enfant par femme en 2016 (contre 1,23 en 2011), on est encore loin du -renouvellement naturel des -générations.


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