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Insee - La France recomposée

L’Insee a publié, mercredi 27 décembre, les...

Le Monde – 29.12.2017

mercredi 3 janvier 2018

L’Insee a publié, mercredi 27 décembre, les résultats de son dernier recensement. Au 1er janvier 2015, la population atteignait 66,19 millions d’habitants, avec un solde naturel et migratoire positif. Toujours importante, la croissance démographique se concentre sur des portions de territoire de plus en plus restreintes. Les grandes couronnes des agglomérations sont les plus attractives.
La périurbanisation de la France se poursuit

Selon le dernier recensement de l’Insee, la croissance de la population se concentre sur le Sud et l’Ouest

Un littoral atlantique et un axe Rhône-Alpes attractifs, une côte méditerranéenne qui le devient moins, des régions rurales ou désindustrialisées qui continuent de déprimer, des métropoles qui se renforcent, des zones périurbaines qui attirent de nouveaux venus : l’Insee a publié, mercredi 27 décembre, les nouveaux chiffres de la population, commune par commune. Ils font apparaître les dynamiques démographiques à l’œuvre sur la période 2010-2015, qui poursuivent globalement celles de la période antérieure.

Les données ont été collectées par des enquêtes conduites de 2013 à 2017 mais, par convention, ces chiffres sont réputés être ceux au 1er janvier 2015. Au total, selon l’organisme public, la population se montait officiellement à cette date à 66 190 280 personnes. C’est 1 577 341 personnes de plus qu’en 2010, soit une croissance -annuelle de 0,5 %.

Croissance naturelle et solde migratoire

Cette croissance est principalement due au solde "naturel" (l’excès des naissances sur les décès) qui compte pour + 0,4 point de cette progression. Au niveau local, ce solde reflète la jeunesse d’une population. Le 0,1 % de croissance restant est dû au solde entre les entrées et les sorties mesurées dans chaque commune, autrement dit aux déménagements et aux emménagements, dit solde migratoire.

Agrégé au niveau national, il reflète, par soustraction, le solde entre les arrivées et les départs sur le territoire national. Localement, il traduit ce que l’on peut appeler l’attractivité d’une ville ou d’une région. "Ces rythmes de croissance sont similaires à ceux enregistrés annuellement entre 1990 et 2010", souligne Vincent Vallès, qui signe la note explicative publiée par l’Insee.

Les deux composantes de la croissance de la population n’évoluent pas nécessairement dans le même sens. Une ville, un département peuvent enregistrer un faible dynamisme des naissances par rapport aux décès mais attirer de nouveaux venus. A l’inverse, des naissances relativement nombreuses peuvent masquer en partie un excès des départs sur les arrivées, qui traduira alors un manque d’attractivité du territoire concerné. Mais certains cumulent les deux mêmes tendances et apparaissent ainsi particulièrement dynamiques ou spécialement déprimés démographiquement.

Les "couronnes" attirent Le dynamisme démographique d’un territoire est en général porté par les grands pôles urbains. "Parmi les cinquante intercommunalités les plus peuplées de France, écrit l’Insee, celles qui connaissent les plus fortes progressions de leur population entre 2010 et 2015 sont très souvent situées dans les régions littorales du sud et de l’ouest de la France, ou en Ile-de-France." Viennent en tête du classement Montpellier Méditerranée Métropole (+ 1,9 % par an), les métropoles de Toulouse, Nantes, Bordeaux, Rennes, et les communautés d’agglomération Grand Paris Sud Seine-Essonne-Sénart et Grand Annecy.

Les chiffres attestent "la poursuite du mouvement de périurbanisation", explique Valérie Roux, chef du département de la démographie de l’Insee. La population des grands pôles urbains (38,928 millions de personnes) continue de croître, mais c’est en général grâce à des naissances nombreuses, indice d’une population jeune. En effet, leur solde migratoire est souvent négatif.

En revanche, les "couronnes" (12,530 millions de personnes) de ces grands pôles attirent de nouveaux résidents, qui viennent s’ajouter à l’excédent naturel pour en faire les zones les plus dynamiques. "Le déficit migratoire des grands pôles se réalise largement au profit de leur couronne, dont le solde des entrées-sorties est très excédentaire", écrit ainsi l’Insee à propos de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur (PACA). De même, en Bretagne, "la croissance de la population est portée par les communes appartenant à la couronne d’un grand pôle", qui hébergent 27 % de la population et comptent pour 54 % dans l’augmentation de la population régionale.

La croissance concentrée dans quelques départements

Au niveau départemental, l’Insee constate que "les fortes croissances démographiques se concentrent dans un nombre plus restreint de départements" que dans la période 1990-2010. La France urbaine continue de se densifier au détriment d’un axe Nord-Est-Centre-Massif central, qui cumule parfois solde naturel et solde migratoire négatifs, comme en Haute-Marne, dans les Vosges, la Nièvre ou l’Indre.
La croissance naturelle est la plus marquée en Ile-de-France (+ 1 % par an ou davantage en Seine-Saint-Denis, dans le Val-d’Oise, le Val-de-Marne, les Hauts-de-Seine), dans les départements d’outre-mer (+ 2,3 % en Guyane, + 1,2 % à La Réunion) et dans ceux où se trouvent les principales métropoles. A l’opposé, elle est la plus faible dans les départements du centre de la France (– 0,5 % par an dans la Nièvre, – 0,4 % dans l’Indre), du quart Sud-Ouest et du Massif central (Creuse, – 0,8 %, Cantal, – 0,5 %).

Si l’on ne regarde que les flux migratoires, la répartition est presque inversée. Les soldes d’entrée et de sortie sont négatifs dans une bande de départements qui va du littoral de la mer du Nord et de la Manche jusqu’à la Lorraine et à la Franche-Comté, y compris une bonne partie de l’Ile-de-France (– 1 % à Paris). Les Ardennes et la Haute-Marne ont ainsi un solde migratoire de – 0,5 % par an. Sauf exception, dans le reste de la France, les arrivées sont supérieures aux départs. En Corse, dans l’Hérault, en Gironde, dans les Landes et les Pyrénées-Orientales, ce solde atteint ou dépasse 1 % par an.

L’Insee relève une nette inflexion de l’attractivité de la bordure méditerranéenne, en particulier en PACA, où le bilan migratoire, bien qu’excédentaire, recule. La Corse, elle, attire de plus en plus de nouveaux venus. La Gironde, la région lyonnaise et la Loire-Atlantique bénéficient de l’appel exercé par leurs pôles urbains.

La population définie dans cette enquête constitue la population légale. Ce sont ces données par commune qui serviront de base au calcul des dotations versées par l’Etat mais aussi à de multiples réglementations, allant du montant des indemnités des élus au mode de scrutin applicable aux municipales en passant par le nombre de pharmacies autorisées. Dans quelques jours, l’Insee actualisera son estimation de la population au 1er janvier 2018 – qui est un chiffre différent de celui de la population légale. Au 1er janvier 2017, elle était évaluée à 66,98 millions de personnes.

Cécile Chambraud

Le contexte : Comment compter la population

Outre les données de l’état civil, "cette enquête provient pour l’essentiel du recensement de la population, une opération annuelle depuis 2004", explique Valérie Roux, chef du département de la démographie de l’Insee. Dans les villes de plus de 10 000 habitants, ce recensement consiste à interroger chaque année les personnes vivant dans 8 % des logements.

Dans les communes plus petites, un recensement complet est effectué tous les cinq ans. Puis, chaque année, les données des cinq dernières années sont agrégées. "En procédant ainsi par glissement, dit Valérie Roux, on se fonde sur 40 % des logements interrogés."

Les chiffres de population obtenus sont réputés être ceux de l’année qui se situe au milieu de la période enquêtée. Les chiffres publiés mercredi 27 décembre sont fondés sur les données recueillies de 2013 à 2017. Ils établissent la population légale au 1er janvier 2015.


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