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Les sociétés françaises les plus performantes sont souvent familiales

Le Monde - 06.09.2017

lundi 11 septembre 2017

De La Vie Claire à Clauger, les petites et moyennes entreprises tricolores à forte croissance proviennent de tous les secteurs

Ingénierie de pointe, sociétés agroalimentaires, logistiques ou de sécurité… Dans son classement des 1 000 petites et moyennes entreprises (PME) européennes à la croissance la plus rapide, le London Stock Exchange (LSE) a sélectionné des sociétés de toutes tailles – alors qu’en France une PME est définie comme une entreprise de moins de 250 personnes – et tous secteurs.

Parmi les 150 " pépites " françaises, il y a des marques connues du grand public comme Eric Bompard, le fabricant de pulls cachemire ; La Vie Claire, le réseau de distribution de produits biologiques ; Babolat, l’équipementier de tennis et autres sports de raquettes, ou le producteur de sirop Monin.

Et d’autres, beaucoup moins. D’Alstef, le spécialiste des systèmes automatisés pour la logistique et les aéroports, à Clauger, le géant français du froid industriel et du conditionnement d’air pour l’industrie agroalimentaire, en passant par Cenexi, un façonnier de médicaments, le chaudronnier Azur Industries, ou Richel Group, leader européen de la construction de serres à couverture plastique.

Reste une constante, les PME les plus performantes sont très souvent familiales et ont une très longue histoire. Très loin de la mythologie des start-up championnes de la croissance, certaines PME distinguées ont plus d’un siècle d’existence à l’image de Babolat, créé dès 1875, ou du groupe Monin, qui souffle cette année ses 105 bougies.

Services informatiques

Exo International, le premier constructeur français de chariots de levage, a pour sa part été créé en 1927, tandis que d’autres PME datent de l’après-guerre, comme l’entreprise familiale lilloise TratoTLV, leader français des luminaires pour magasins, ou le fabricant de fauteuils de bureau Eurosit. Des années 1960, on peut aussi retenir Richel Group, ou Clauger qui a produit ses premiers équipements en 1971.

Parmi les sociétés les plus dynamiques, mais plus récentes, figurent de nombreuses sociétés concentrées dans les services informatiques, à l’instar de Planisware, un créateur de progiciels, ou Aciernet, spécialiste des réseaux.

Chaque société a son histoire, et son dynamisme actuel s’explique par différents facteurs. Pour La Vie Claire, c’est le développement de la consommation bio dans les années 2000 qui explique le fantastique réveil de cette marque longtemps endormie. Après sa création en 1946, la petite épicerie d’Henri-Charles Geffroy commence son déploiement pour atteindre une centaine de points de vente, avant de connaître d’importantes difficultés.

En 1980, Bernard Tapie reprend l’enseigne, mais ses remèdes ne portent pas, et en 1996, l’entreprise est reprise par Distriborg, le groupe d’Eric Pelen. L’actionnaire finira par revendre ses autres filiales pour investir dans La Vie Claire, qui va connaître une véritable renaissance.

" En 2001, quand je suis arrivée, nous réalisions 10 millions d’euros de chiffre d’affaires et subissions une perte de 3 millions d’euros, se rappelle Brigitte Brunel Marmone, la présidente du directoire. Quinze ans plus tard, nous avons réalisé, en 2016, 160,5 millions d’euros de chiffre d’affaires et nous sommes positifs ! "

Avec 320 boutiques et quelque 800 salariés, La Vie Claire représente le deuxième réseau de magasins bio en France et surfe sur la dynamique du marché. " Notre objectif est de doubler notre parc en France et de poursuivre notre croissance ", conclut la dirigeante.

Pour nombre d’autres entreprises, le fort dynamisme actuel s’explique en grande partie par leur exposition à l’international. Ainsi Planisware, qui connaît une croissance moyenne annuelle de 10 % à 15 %, fait plus des deux tiers de son chiffre d’affaires hors de France. Plus pointue, Sigmaphi, qui produit des aimants pour accélérateurs de particules, réalise pour sa part 90 % de ses ventes hors du pays.

S’ouvrir à l’international

Pour l’équipementier de tennis Babolat, l’international (75 % de son chiffre d’affaires) est vite devenu une évidence. En Europe, aux Etats-Unis et au Japon, il est le numéro un de la raquette de tennis, et poursuit sa croissance. En 2016, il a réalisé dans le monde entier quelque 145 millions d’euros de chiffre d’affaires contre 90 millions d’euros en 2000. Le groupe emploie désormais 361 salariés.

Avec une croissance annuelle de 12 % à 15 %, Clauger surfe également sur l’international. Le spécialiste de la production de froid et le traitement de l’air, qui emploie désormais un millier de salariés, réalise 46 % de ses 200 millions d’euros de chiffre d’affaires hors de France.

Avec quelque 3 000 clients dans le monde, présents notamment dans l’agroalimentaire (Danone, Bel, Lactalis ou Bongrain sont ses clients) ou la pharmacie (Sanofi), cette entreprise de taille intermédiaire (ETI) a accéléré son développement en rachetant des concurrents locaux, comme aux Etats-Unis et au Maroc.

" Au départ, nous avons suivi nos grands donneurs d’ordre à l’étranger, et nous nous y développons progressivement avec de nouveaux clients locaux ", indique Frédéric Minssieux, le directeur général de l’entreprise familiale. Si le groupe dessert actuellement 90 pays à travers la planète à partir de ses installations rhônalpines, il produit désormais aussi ses équipements dans ses ateliers en Espagne et au Mexique.

Philippe Jacqué


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