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Uber dévoile son projet de taxis volants

Le Monde - 27.04.2017

mardi 9 mai 2017

Comme d’autres, la société américaine a présenté ces derniers jours un véhicule futuriste

Uber se donne trois ans pour réaliser la première démonstration publique de son projet de taxis volants. Mardi 25 avril, en ouverture d’une conférence qu’elle organise cette semaine à Dallas, la société américaine de voitures avec chauffeur (VTC) a -annoncé plusieurs partenariats pour lui permettre d’atteindre cet objectif. " Les voitures volantes nous sont promises depuis des -décennies, elles vont bientôt arriver ", a assuré Jeff Holden, son -directeur des produits.

En octobre 2016, l’entreprise avait publié un Livre blanc, détaillant sa vision pour le futur du transport urbain. Celle-ci repose sur un réseau de plusieurs centaines de véhicules électriques, à mi-chemin entre l’avion et l’hélicoptère et capables de décoller et d’atterrir à la verticale. En février, Uber a par ailleurs débauché Marc Moore, ingénieur à la NASA pendant une trentaine d’années, où il a notamment étudié la faisabilité d’une telle idée.

Une demi-douzaine de concepts

Selon Uber, ces véhicules permettraient de parcourir les 80 kilomètres qui séparent San Francisco de San Jose en quinze minutes. Par l’autoroute, le trajet peut durer jusqu’à deux heures en fonction du trafic. " Les vols urbains vont remplacer les longs trajets quotidiens pour se rendre au travail ", prédit M. Holden. Dans un second temps, le responsable entrevoit aussi des vols intra-muros.

Au lancement, l’entreprise pense pouvoir proposer des prix similaires à ceux d’UberX, son service de transports entre particuliers. Mais elle espère ensuite nettement réduire la facture pour ses clients. Pour y parvenir, elle mise, comme sur la route, sur des véhicules entièrement autonomes.

Ce projet de voitures volantes est " la prochaine étape naturelle pour Uber ", souligne M. Holden. En effet, il doit venir en complément de son offre actuelle, bon marché en centre-ville mais moins bien adaptée pour des distances plus importantes. Et ainsi permettre à la plate-forme californienne de se rapprocher de son objectif : proposer une alternative plus abordable à l’achat et à l’entretien d’un véhicule personnel. Uber prévoit de réaliser les premiers vols en 2020, à Dallas et à Dubaï, à l’occasion de la future Exposition universelle. Le groupe n’a pas vocation à concevoir ces appareils. Mardi, il a dévoilé cinq premiers partenaires, dont le constructeur brésilien d’avions régionaux Embraer et le fabricant américain de drones Aurora. Deux autres accords ont été officialisés avec des promoteurs immobiliers afin d’aménager des " vertiports ", pour le décollage et l’atterrissage.

Les annonces d’Uber illustrent l’intérêt grandissant pour le secteur des véhicules volants, qui regroupe une demi-douzaine de concepts différents. Plus d’une dizaine de sociétés travaillent d’ores et déjà sur des prototypes. Lundi 24 avril, la start-up américaine Kitty Hawk, soutenue financièrement par Larry Page, l’un des deux fondateurs de Google, a publié une première vidéo du Flyer, une sorte de moto équipée de deux flotteurs et capable de voler au-dessus de l’eau.

En fin de semaine dernière, l’entreprise allemande Lilium a diffusé des images de son premier vol d’essai, réalisé début avril à Munich. Et la société slovaque AeroMobil a ouvert les précommandes pour sa voiture convertible dotée d’ailes rétractables. Prix de vente : 1,3 million d’euros. En outre, Airbus, qui a lancé un laboratoire consacré à ces appareils dans la Silicon Valley, travaille sur au moins trois projets et compte mener un premier vol test avant la fin de l’année. Et le chinois E-Hang promet de lancer des taxis volants dès le mois de juillet.

De nombreux défis restent encore à relever. " Cela ne va pas être facile ", reconnaît M. Holden. " Il va d’abord falloir démontrer la fiabilité de ces appareils pour obtenir l’autorisation de voler ", note François Chopard, fondateur de Starburst, un incubateur de start-up dans le domaine de l’aéronautique. " C’est un processus long, qui va demander de nombreux essais pour atteindre le niveau de performance de l’avion ou de l’hélicoptère ", poursuit-il.

Deuxième challenge : l’autonomie. La majorité des prototypes sont en effet équipés de batteries Lithium-ion, dont la capacité est aujourd’hui " insuffisante pour les longues distances ", notait Uber dans son Livre blanc. En outre, le temps nécessaire pour recharger ces batteries est " trop important pour un service de transport à haute fréquence ".

Le bruit constitue un obstacle supplémentaire. S’il devrait être moins élevé que pour un hélicoptère, le volume sonore au moment du décollage et de l’atterrissage pourrait représenter un frein pour obtenir l’autorisation de voler en milieu urbain. Uber a déjà entamé des discussions avec la FAA, le gendarme américain des airs.

Enfin, toutes ces sociétés vont devoir trouver leur modèle économique. " La plupart des projets sont adaptés pour le loisir, qui demeure un marché de niche, indique M. Chopard. Cela entraîne des difficultés pour lever des fonds auprès d’investisseurs. " " Il est difficile d’imaginer que les voitures volantes puissent devenir une solution de masse ", disait en février Elon Musk, patron de Tesla et SpaceX.

Jérôme Marin


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