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L’inflation affecte les dépenses des Britanniques et pèse sur l’activité

Le Monde - 30.04.2017

vendredi 5 mai 2017

La croissance du Royaume-Uni, qui s’est établie à 0,3 % au premier trimestre, est moitié moins élevée qu’au quatrième trimestre 2016

Les premières conséquences économiques du vote pour sortir de l’Union européenne commencent à se faire sentir. Au premier trimestre, la croissance britannique a subi un sérieux ralentissement. Le produit intérieur brut (PIB) a progressé de 0,3 %, contre 0,7 % au quatrième trimestre 2016, selon les données du Bureau national des statistiques, publiées vendredi 28 avril.

" L’économie britannique commence à sentir l’effet du référendum - sur le Brexit - ", estiment les analystes de Barclays. L’affaissement est encore plus net sur le PIB par habitant, qui ne progresse que de 0,1 % au premier trimestre. En clair, pour le Britannique moyen, l’économie semble quasiment en stagnation.

L’affaiblissement du dynamisme économique était prévu depuis des mois. Depuis le vote pour le Brexit, en juin 2016 la devise britannique a perdu 15 % de sa valeur. Cela a renchéri les prix à l’importation et provoqué de l’inflation.

Dans le même temps, les salaires ont peu augmenté. A tel point qu’en mars la hausse des prix a finalement dépassé celle des salaires. Après deux ans et demi de progression, le pouvoir d’achat des Britanniques s’est mis à reculer et ils se sont mis à moins dépenser. Les hôtels, les restaurants et la distribution sont en contraction, de 0,5 % au premier trimestre.

La période faste est terminée

Le ralentissement de la croissance est à mettre en perspective. Le Royaume-Uni sort d’une période particulièrement dynamique. Sur douze mois (avril 2016-mars 2017), la croissance a été de 2,1 %. Et, au premier trimestre, le PIB a malgré tout augmenté à la même vitesse qu’en France.

Reste que tous les indicateurs passent les uns après les autres à l’orange, voire au rouge. Outre la consommation, les investissements des entreprises reculent. Nombre d’entre elles ont gelé leurs plus grands projets, en attendant d’y voir plus clair sur l’issue des négociations sur les modalités de sortie de l’Union européenne. Le BTP ralentit également, et les prix immobiliers ont légèrement reculé en mars et en avril. Du côté du gouvernement, l’austérité continue : plusieurs importantes baisses des allocations sociales vont prochainement entrer en vigueur.

Seul point positif : les carnets de commandes des usines semblent se remplir. Le secteur manufacturier est en hausse de 0,5 % au premier trimestre. Il s’agit peut-être des premiers effets positifs de la dévaluation de la livre sterling, qui aide les exportations. Mais, avec la désindustrialisation en cours depuis trois décennies, il ne s’agit que d’une toute petite partie de l’économie, qui a un effet limité sur l’ensemble du PIB.

Presque tous les économistes prévoient que le ralentissement économique va continuer. " Sauf si les ménages réussissent à obtenir des augmentations salariales, la réduction du pouvoir d’achat va probablement continuer au deuxième trimestre ", estime Azad Zangana, économiste chez Schroders, une société de gestion d’actifs. Actuellement de 2,3 %, l’inflation devrait monter jusqu’à 3 % environ dans les mois qui viennent, le temps que l’effet de la dévaluation de la livre sterling se fasse sentir à plein. Si personne ne parie sur une récession ou un ralentissement violent, la période faste de ces dernières années est terminée.

Le début des négociations du Brexit ne devrait pas non plus rassurer les investisseurs. Les Vingt-Sept, qui se réunissent samedi 29 avril pour affiner leur position commune, affichent pour l’instant une ligne unie et dure face à Londres, refusant les concessions. La chancelière allemande, Angela Merkel, a dénoncé jeudi les " illusions " que certains pourraient entretenir à Londres : " Un pays tiers – ce que le Royaume-Uni sera – ne peut pas et n’aura pas les mêmes droits qu’un membre de l’UE. " Pas question d’offrir des conditions d’accès au marché unique aussi favorables qu’actuellement, contrairement à ce que demande le gouvernement britannique.

Dans ce contexte, la première ministre, Theresa May, a décidé de se lancer dans des élections anticipées – prévues le 8 juin – juste avant que les effets du Brexit ne deviennent trop apparents. " Elle a bien choisi son moment, estime Scott Corfe, le directeur du Centre for Economics and Business Research, une société de consultants. Il y a de fortes chances que les choses empirent désormais. "

M. Zangana partage ce point de vue. " - Les chiffres économiques - peuvent - -ils - avoir une incidence sur les élections ? Probablement pas. Le Parti conservateur a une très large avance dans les sondages. " Si ces derniers se vérifient, Mme May pourrait augmenter sa majorité parlementaire de seize députés à plus d’une centaine. De quoi lui donner une marge de sécurité politique pour affronter les négociations du Brexit et le ralentissement économique.

Eric Albert


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