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We don’t need no innovation

Alexandre Delaigue, 01/11/2016

mercredi 18 janvier 2017

Et si l’innovation était beaucoup moins importante qu’on ne le croit ? Voici la suite des infortunes de l’innovation.

C’est ceux qui en parlent le plus qui en font le moins

L’historien des technologies Lee Vinsel a relevé un paradoxe concernant l’innovation. Regardez l’image ci-dessus, qui indique la fréquence d’usage du mot "politique d’innovation" dans les livres via google ngrams. On voit que "politique d’innovation" n’était pas utilisé avant les années 60, et qu’il a surtout commencé à être utilisé à partir des années 70, avec une croissance forte, interrompue brièvement au début des années 90, pour repartir de plus belle ensuite.

Vinsel explique cela par le rôle de la "politique d’innovation" dans le débat économique aux USA : elle est invoquée face à la menace d’un rival économique, le Japon dans les années 70-80, devenu moins effrayant avec sa crise économique des années 90, puis la Chine à partir du milieu des années 90. Cependant, alors que la menace soviétique dans les années 50 avait conduit au même genre de crainte, la "politique d’innovation" était peu évoquée. Pour une raison simple : l’innovation elle-même n’est entrée vraiment dans les discours qu’à partir des années 1960-70.

Et voici donc le paradoxe. Alors que depuis les années 70 on parle de plus en plus d’innovation, de politique d’innovation, que l’innovation est présentée de manière systématiquement positive, la clé de la performance économique, qu’ouvrages, études, articles, évoquent la "disruption" de secteurs entiers par les entreprises innovantes, c’est aussi depuis les années 70 que le rythme d’innovation stagne.

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