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Plus d’emplois créés avec moins de croissance

Lesechos.fr, 25/11/2016

mardi 13 décembre 2016

Le chômage commence désormais à baisser dès que le PIB croît de 1 %.

La reprise a beau ne pas être très soutenue, l’économie française crée des emplois et le chômage régresse. Avec une croissance du PIB de 1,2 % l’an dernier et de seulement 1,3 % attendue cette année par l’Insee, le nombre de chômeurs inscrits à Pôle emploi en catégorie A a reculé de 101.300 entre octobre 2015 et octobre 2016. Le seuil à partir duquel la France stabilise le chômage est donc désormais inférieur à 1,5 %, niveau pourtant jusqu’ici fréquemment avancé.

Les différentes mesures du gouvernement ont permis d’enrichir la croissance en emplois, soulignent les économistes. En clair, plus d’emplois qu’auparavant sont maintenant créés pour un même rythme de croissance. « Les dispositifs de réduction du coût du travail comme le crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE) ou le pacte de responsabilité ont abaissé le seuil de croissance à partir duquel l’économie stabilise le chômage », constate Mathieu Plane, économiste à l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE).

Avant la mise en place de ces mesures, les gains de productivité étaient de l’ordre de 0,9 % à 1 % par an et la hausse de la population active, de 0,5 % environ, soit 130.000 personnes de plus chaque année. La croissance nécessaire pour commencer à faire refluer le chômage était donc de 1,5 % par an environ. Le CICE et le pacte de responsabilité ont réduit le coût du travail des salaires les plus bas, incitant donc les entreprises à embaucher ces salariés, les moins productifs. Les gains de productivité sont moindres - de l’ordre de 0,5 % par an - et la population active, elle, continue à croître au même rythme. Ainsi, « l’économie française est désormais capable de stabiliser le chômage à partir de 1 % à 1,1 % de croissance », estime Mathieu Plane.

« Low-costisation »

C’est donc une bonne nouvelle, d’autant que les personnes peu qualifiées sont les plus touchées par le chômage en France. Toutefois, « l’effet de ces mesures n’est que temporaire », souligne Denis Ferrand, directeur général de COE-Rexecode. A terme, les gains de productivité retrouveront leur rythme de long terme. Et si cette politique économique permet de réduire le chômage et donc de partager les fruits de la croissance avec les chômeurs peu qualifiés, elle peut toutefois avoir un inconvénient à terme : il est, en effet, possible que, à force de favoriser les bas salaires, l’économie française coure le risque de « low-costisation », c’est-à-dire de décaler le volume total d’emplois disponibles vers des emplois de moins en moins qualifiés, principalement dans les services.

A l’heure de la mondialisation et de la concurrence des pays à bas coût, les entreprises françaises, incitées à embaucher les travailleurs les moins qualifiés, auront du mal à monter en gamme. Alors que 45 % des 25-39 ans résidant en France détiennent un diplôme de l’enseignement supérieur, les nouveaux diplômés risquent aussi à terme de ne pas trouver de travail à la hauteur de leur qualification, créant ainsi de la frustration.

Guillaume de Calignon


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