Accueil > 2D1 > Chapitre 01 - L’équilibre microéconomique > Les chantiers qui attendent l’Autorité de la concurrence

Les chantiers qui attendent l’Autorité de la concurrence

Le Monde - 28.09.2016

mercredi 28 septembre 2016

« Défendre la concurrence, c’est redistribuer les chances au profit de la jeunesse, de ceux qui prennent des risques, en bousculant l’ordre établi et les rentes héritées du passé. » Par cette maxime, Bruno Lasserre adresse une petite pique aux patrons qui ont subi pendant douze ans ses décisions de président de l’Autorité de la concurrence. Et il adresse une forme de message à ceux qui lui succéderont à la tête de l’institution, mercredi 28 septembre, alors qu’il rejoint le Conseil d’Etat.

Sauf surprise (et après avis des commissions parlementaires), il devrait laisser sa place à Isabelle de Silva, membre non permanent de l’institution depuis 2014. La nouvelle direction trouvera sur son bureau plusieurs dossiers en cours, dont certains plus brûlants que d’autres, à l’image de Canal+ : d’ici juin 2017, l’Autorité doit réexaminer tout le cadre réglementaire auquel elle a soumis le groupe de télévision payant et gratuit. Faut-il alléger ou supprimer les 33 injonctions imposées à Canal+, en 2006 puis 2012, en raison du rachat du bouquet TPS par CanalSat ? L’arrivée d’acteurs comme Netflix, dans les films et séries, ou BeIN Sports dans le football change-t-elle la situation ?

L’essor de SFR dans les droits sportifs et audiovisuels rend-il Canal+ moins dominant ? Autant de questions posées par l’Autorité aux acteurs du marché, dans la consultation publique lancée en juillet. Pour la filiale de Vivendi, en difficulté en France, le dossier est très sensible : en effet, en refusant de lever de manière anticipée une des 33 injonctions de Canal+, l’Autorité de la concurrence a en juin sonné le glas de son accord de distribution exclusive noué avec la chaîne « premium » beIN Sports.

Dans les télécoms, domaine de prédilection de Bruno Lasserre, l’Autorité de la concurrence devra boucler trois affaires d’ici la fin de l’année. La plus sensible concerne SFR. L’institution cherche à savoir si son propriétaire, Patrick Drahi, a commencé à travailler chez l’opérateur, avant même d’avoir obtenu le feu vert de l’Autorité de la concurrence en 2014. Ce qui est interdit. L’Autorité a commandé des perquisitions et saisi d’abondantes preuves. SFR risque une amende théorique de 500 millions d’euros. Mais la sanction sera certainement très inférieure à ce montant.

Rapprochement Darty et Fnac

Le nouveau président de l’Autorité pourrait surtout avoir à se pencher sur la consolidation du marché. Après l’échec du rachat de Bouygues Telecom par Orange en mars 2016, un nouveau schéma faisant disparaître l’un des quatre opérateurs du marché pourrait ressurgir.

Très active dans le secteur de la distribution, l’Autorité suivra attentivement les suites du rapprochement entre Darty et la Fnac, auquel elle a donné fin juillet un aval, conditionné à la cession de magasins. Ce dossier a ouvert une voie inédite : le canal de la vente sur Internet a été intégré dans l’étude du marché de référence, une première.

L’Autorité de la concurrence surveillera également les regroupements entre les centrales d’achat des distributeurs. Depuis 2014, les grands groupes se sont associés pour avoir plus de poids face aux grandes marques multinationales (Auchan avec Système U, Leclerc avec l’allemand Rewe Group…). M. Lasserre avait rappelé il y a quelques mois la possibilité pour l’institution de s’autosaisir en cas de risques pour les fournisseurs ou pour la concurrence entre enseignes. D’autant que le mouvement ne s’arrête pas à l’alimentaire. Le rapprochement entre la Fnac et Darty a fait bouger la concurrence dans le domaine des achats de produits électroménagers.

Fière d’avoir joué un rôle moteur dans la loi Macron, en faveur de la libéralisation du marché des notaires ou des autocars, l’institution de la rue de l’Echelle doit finaliser plusieurs études thématiques, notamment sur le marché des audioprothèses. Jugeant le maillage territorial relativement satisfaisant et sans acteur en position dominante, l’Autorité a néanmoins relevé des freins à l’appareillage, de nature psychologique et économique, les prix restant élevés. Elle proposera des pistes de réforme à la fin de l’année.

L’autorité a par ailleurs ouvert une enquête sectorielle sur la publicité en ligne. Son objectif : savoir si les « petits » acteurs y jouent à armes égales avec les géants du Net comme Google et Facebook, qui collectent de très nombreuses données sur les internautes. « Les données doivent entrer dans l’analyse du pouvoir de marché, commente M. Lasserre. Ce sont elles, et non le chiffre d’affaires réalisé, qui ont justifié le rachat, à des prix aussi élevés, de WhatsApp par Facebook et de LinkedIn par Microsoft. » Des conclusions sont attendues au printemps.

A quelques mois de la présidentielle, il n’est pas certain que les suggestions de réforme trouvent tout de suite une oreille attentive. « Sur un marché, passer d’un équilibre A à un équilibre B a un coût politique à court terme pour un bénéfice qui n’est visible qu’à long terme… », sourit M. Lasserre, qui regrette de ne pas avoir réussi à changer le secteur des pièces détachées automobile, contrôlé par les constructeurs, ou encore celui de la distribution des médicaments sans ordonnance. Son successeur aura le plaisir de goûter au pouvoir et aux défis d’une fonction très exposée, médiatiquement et politiquement.

Sandrine Cassini, Alexandre Piquard & Cécile Prudhomme


L’accord entre Canal+ et BeIN Sports suscite des réticences

Le Monde - 19.05.2016

Pour Canal+, l’accord avec BeIN Sports est vital. C’est le message que le champion français de la télévision payante s’emploie à faire passer : l’accord de distribution exclusive noué avec la chaîne qatarie mi-février serait le seul moyen pour Canal+ d’arrêter la guerre avec sa concurrente et de stopper son hémorragie d’abonnés en France en imaginant de nouvelles offres pour ses clients. « Je pense non seulement que Canal+ est sauvable, mais qu’il sera sauvé, sous réserve des accords prévus et des économies à faire », a déclaré Vincent Bolloré aux Echos, le 17 mai.

Le sous-texte est limpide : « sous réserve » que l’autorité de la concurrence valide l’accord avec BeIN Sports. Mais, malgré ce discours volontaire, obtenir le feu vert de l’autorité présidée par Bruno Lasserre n’a rien d’une formalité. Selon nos informations, celle-ci a décidé de lancer, mercredi 18 mai, une nouvelle consultation des acteurs du secteur, dans un « test de marché ». Et elle ne rendra pas sa décision avant la première quinzaine de juin, alors que la date initialement prévue était fin mai.

Selon nos informations, plusieurs points posent problème avec les opérateurs télécoms. Ces derniers distribuent jusqu’ici BeIN Sports à la faveur de contrats arrivant à échéance cet été. Ils sont vent debout contre l’accord avec Canal+. Pour convaincre l’autorité, le groupe de Vincent Bolloré a envoyé des engagements écrits, promettant notamment de laisser BeIN Sports accessible autour de 13 euros par mois, sans obligation de s’abonner à Canal+. Mais, pour lever les réticences, l’autorité de la concurrence semble envisager d’imposer des restrictions à l’accord avec BeIN Sports.

Canal+ a la particularité d’être « autodistribuée »

SFR s’est montré particulièrement hostile : « Nous nous battons contre le rapprochement de Canal+ et de BeIN Sports », n’a pas caché son président, Michel Combes, dans Le Figaro du 28 avril. Le groupe de Patrick Drahi a acheté les droits du championnat de football anglais. Paradoxalement, son arrivée sur le marché du sport est du pain bénit pour Canal+ : à ceux qui l’accusent de vouloir s’entendre avec BeIN Sports pour se répartir les droits, le groupe de Vincent Bolloré peut rétorquer que SFR sera là pour renforcer la concurrence.

« En animant le marché, SFR pourrait faire passer la pilule de cet accord d’exclusivité. C’est l’“idiot utile” », se plaint un opérateur. Pour autant, contrairement à Canal+ avec BeIN Sports, SFR n’a pas demandé d’exclusivité pour ses futures chaînes de sport. Et l’opérateur ne s’est pas porté candidat pour les droits du championnat français de rugby. Deux « postures » destinées à ne pas apporter de l’eau au moulin de Canal+, pensent les détracteurs de SFR.

Paul Goze, le président de la Ligue Nationale de Rugby a assuré aux Echos que BeIN Sports avait « joué le jeu » lors de l’appel d’offre du Top 14 de rugby. Canal+ s’est d’ailleurs engagée à l’inciter à continuer, car son investissement dans l’accord – de 350 à 400 millions d’euros par an – perdrait de la valeur si la chaîne avait moins de droits sportifs.

Un autre point est devenu très sensible : l’accès aux abonnés de BeIN Sports. En effet, les opérateurs qui vendent la chaîne gèrent ensuite la relation avec les clients. Mais Canal+ a la particularité d’être « autodistribuée » : elle conserve un accès direct à tous ses abonnés. Elle demande le même régime pour BeIN Sports. Selon Canal+, les abonnés de la chaîne qatarie auraient ainsi davantage de choix. Soit souscrire aux offres de leur opérateur télécom, soit opter pour celles de Canal+.

Héritage du passé

« C’est inacceptable en l’état ! », rétorque un des opérateurs. De fait, ces derniers, pour attirer les clients vers leurs abonnements Internet, concoctent des bouquets de chaînes concurrents de CanalSat, l’offre de Canal+. « Nous perdrions l’attractivité commerciale de vendre BeIN Sports », se plaint l’un d’eux. Canal+ aurait accès à toutes les données clients des personnes déjà abonnées à la chaîne sportive. « Ils passeraient derrière nous pour faire des promos aux clients, et les inciter à se désabonner de nos bouquets. Aucun remède que pourrait proposer l’autorité ne peut résoudre ce problème », assure un opérateur.

L’autodistribution de Canal+ est une exception en Europe et un héritage du passé, pointent les opposants à la chaîne payante. Des arguments auxquels ne devrait pas être insensible l’autorité de la concurrence, qui pourrait refuser d’étendre ce régime spécial à BeIN Sports.

Au-delà du lien avec le client, les opérateurs craignent de perdre la marge qu’ils réalisent aujourd’hui en revendant BeIN Sports. « Demain, quel prix nous fera Canal+ ? », s’inquiète l’un d’eux. De son côté, Canal+ a souligné qu’elle assurait à BeIN Sports des minimums garantis que les opérateurs télécoms n’offrent pas.

L’autorité de la concurrence est enfin attentive à la distribution de BeIN Sports par Internet, qui ne passe pas par les box d’Orange, de SFR, de Bouygues ou de Free (dont le fondateur Xavier Niel est actionnaire à titre personnel du Monde). L’autorité pourrait refuser d’accorder l’exclusivité à Canal+ sur ce terrain.

« Tout le monde est tétanisé »

Pour sa défense, Canal+ peut une nouvelle fois compter sur les représentants du secteur du cinéma, qui se sont manifestés auprès de l’autorité de la concurrence. La ministre de la culture, Audrey Azoulay, est particulièrement sensible au financement de la production française par Canal+. Elle voit l’accord entre Canal+ et BeIN Sports avec une certaine bienveillance. Tout en déclarant qu’elle serait attentive au maintien des investissements dans le cinéma.

Il est possible que l’autorité de la concurrence assortisse son éventuel feu vert de conditions, que Canal+ pourrait alors juger trop restrictives. Pour faire accepter son choix, elle pourrait arguer que son avis n’est pas définitif. En 2017 est en effet prévue la renégociation des nombreuses injonctions auxquelles l’autorité de la concurrence a soumis Canal+ en 2006 puis 2012, en raison de sa fusion avec son rival TPS. Techniquement, le groupe de télévision payante demande aujourd’hui la levée de l’une d’entre elles, qui lui interdit de distribuer de façon « exclusive » une chaîne premium comme BeIN Sports.

L’autorité pourrait proposer à Canal+ de revoir dans les prochains mois ses obligations dans leur ensemble, avec la perspective de les alléger… Une hypothèse qui rentre toutefois en collision frontale avec le discours de Canal+, fondé sur l’urgence de la situation. Le groupe de Vincent Bolloré pourrait ajouter que BeIN Sports risque, en cas de revers, de lui tourner le dos.

« Tout le monde est tétanisé dans l’attente de la décision de l’autorité de la concurrence », résume un des acteurs. Ce qui n’empêche personne de continuer à s’affairer en coulisses pour tenter de faire pencher la balance.

Sandrine Cassini & Alexandre Piquard


L’OPA de la Fnac sur Darty autorisée par l’antitrust

Le Monde - 19.07.2016

Au revoir le magasin Darty du boulevard de Belleville, dans le 11e arrondissement de Paris, ou celui de l’avenue de Saint-Ouen, dans le 17e : d’ici un an, ils auront changé d’enseigne. L’Autorité de la concurrence a annoncé, lundi 18 juillet, qu’elle autorisait la Fnac à racheter Darty, sous réserve que l’agitateur culturel cède six magasins, dont cinq Darty, sur un total de 403 recensés en France sous les deux bannières.

« La cession de ces six magasins à un ou plusieurs distributeurs en produits électroniques, garantira au consommateur des alternatives crédibles, à même de maintenir des conditions tarifaires et de services concurrentiels à l’échelon local », souligne l’Autorité dans un communiqué.

Les pas-de-porte à vendre sont tous situés en région parisienne. S’ajoutent aux magasins déjà cités, les Darty des centres commerciaux Italie 2 (Paris 13e) et Vélizy 2 (Yvelines), ainsi qu’un espace en projet avenue de Wagram (Paris 17e). Une seule Fnac est concernée, celle du centre commercial Beaugrenelle (Paris 15e). Ces emplacements réalisent moins de 1 % du chiffre d’affaires combiné des deux groupes, selon la Fnac.

Exigences limitées

Ces exigences limitées constituent une excellente nouvelle pour l’enseigne. Alors qu’Alexandre Bompard, le PDG de la Fnac, avait lancé il y a tout juste un an ses premiers jalons en vue de racheter le distributeur d’électroménager, le feu vert de l’Autorité de la concurrence restait le dernier obstacle sur sa route pour bâtir un poids lourd du commerce physique et en ligne.

La difficulté n’était pas tant de décrocher cette autorisation que de savoir sous quelles conditions elle s’exercerait. Ni les livres ni les lave-linge ne posaient problème. Le risque était que le gendarme de l’antitrust voie se profiler dans les rayons TV ou smartphones une baisse de la pression concurrentielle et que, pour y remédier, il impose de lourdes contreparties. La Fnac avait d’ailleurs conditionné son OPA sur Darty à l’obtention d’une bénédiction de l’Autorité de la concurrence dans des termes « raisonnablement satisfaisants ».

Alors que nombre de magasins Fnac et Darty se toisent d’un trottoir à l’autre, certains experts avaient évoqué la vente potentielle d’une trentaine, voire d’une quarantaine de sites. La clé était la manière dont les membres de la Rue de l’Echelle allaient prendre en compte ou non dans leurs calculs de parts de marché les ventes réalisées sur Internet, notamment par Amazon ou encore Cdiscount (Casino).

« Cette annonce est le résultat d’un dialogue constructif de plusieurs mois entre l’Autorité et la Fnac, au terme duquel l’Autorité a reconnu que les magasins physiques et les ventes en ligne appartenaient à un seul et même marché, et a pris en ce sens une décision pionnière en Europe », s’est félicitée la Fnac.

Zone par zone

Ce n’était pas gagné. En 2011, dans le même secteur de la distribution de produits d’électronique, lorsque Boulanger (Groupe Auchan) avait racheté les 36 magasins français de l’allemand Saturn, l’Autorité n’avait pas intégré l’e-commerce dans le spectre de ses investigations. « Ce qui est justifié en 2016 ne l’était pas en 2011. En cinq ans, les habitudes de consommation des Français ont beaucoup changé », plaide Bruno Lasserre, le président de l’Autorité de la concurrence.

Pour s’en convaincre, l’antitrust a ainsi confié pour la première fois à l’IFOP la mission de sonder 20 000 consommateurs, afin de savoir vers quelle(s) enseigne(s) ils se tourneraient si la Fnac ou Darty augmentaient leurs prix ou si leur qualité de service baissait. « Nous avons pu mesurer à quel point les ventes en ligne sont devenues une vraie alternative. D’autant que beaucoup de consommateurs intègrent Internet dans leurs parcours d’achat. Il est très rare de trouver des écarts de prix supérieurs à 5 % », souligne M. Lasserre.

Pour autant, l’Autorité de la concurrence n’a pas suivi la Fnac jusqu’au bout. L’acquéreur de Darty avait plaidé, en effet, pour que les parts de marché soient appréciées au plan national et non localement. Au contraire, le gendarme a mené un travail de fourmi pour mesurer la pression concurrentielle zone par zone.

« Nous avons noté dans chaque zone de chalandise la pression concurrentielle exercée par les différents acteurs, en donnant à chacun des scores, en fonction de la diversité du choix, de la proximité géographique… Il a fallu une approche nouvelle, différente de la simple comparaison de mètres carrés », précise M. Lasserre.

Au terme de ce travail, l’Autorité aura donc sélectionné six magasins, très bien placés, susceptibles d’intéresser des acheteurs. Ce n’est pas un hasard s’il s’agit essentiellement de magasins Darty, réputés plus faciles à vendre que des Fnac. « Nous ne voulions pas handicaper l’offre culturelle à Paris », reconnaît M. Lasserre.

Certains, comme Boulanger, n’ont pas caché ces derniers mois leur volonté de s’étendre. C’est le cas également de Ubaldi, le site d’e-commerce niçois, qui gère déjà une douzaine de points de vente. La profession regardera également avec intérêt si d’autres « pure-players » de l’e-commerce comme Cdiscount se manifestent.

Après ce feu vert, plus rien ne s’oppose en tout cas à ce que le groupe Fnac prenne les rênes de Darty, courant août. Vendredi 15 juillet, le distributeur a fait savoir qu’il détenait 91,79 % du capital de l’entreprise cotée à la Bourse de Londres. Compte tenu des règles en vigueur outre-Manche, le français a besoin d’atteindre le seuil de 93 % pour pouvoir imposer aux actionnaires minoritaires restants de lui céder leurs titres. L’offre se clôture le 29 juillet. A charge ensuite pour Alexandre Bompard, qui a promis des synergies élevées, de les réaliser.

Isabelle Chaperon


| Plan du site | Mentions légales | Suivre la vie du site RSS 2.0 | Haut de page | SPIP | ScolaSPIP
Quelques lectures utiles (académie de Paris)