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La courbe d’indifférence

Alternatives Economiques, novembre 2012

lundi 2 novembre 2015

Cet outil permet d’évaluer la satisfaction du consommateur en fonction de la quantité de biens consommés. Indispensable à la fois aux économistes et aux gouvernements.

La courbe d’indifférence est un outil standard de la microéconomie. Il permet de représenter graphiquement l’ensemble des combinaisons de deux biens (ou de deux paniers de biens) qui procurent à une personne le même niveau de satisfaction. Cette approche part du principe que la satisfaction d’un consommateur est mesurable et qu’elle peut se représenter par une "fonction d’utilité", qui associe une valeur à chaque combinaison de biens consommés et permet d’étudier comment varie la satisfaction du consommateur en fonction de la quantité de biens consommés. De quelle façon ? Chaque bien a un prix et le consommateur a un revenu limité ; sa contrainte budgétaire restreint donc ses dépenses de consommation. Du point de vue de l’économiste, étudier le comportement du consommateur, c’est évaluer l’incidence sur ses choix d’une variation de son revenu, du prix des biens, de la quantité de biens disponibles, etc.

Supposons par exemple que les deux biens essentiels à votre satisfaction soient le café et le chocolat (la microéconomie exige souvent ce genre de simplification ridicule qui facilite le raisonnement). A la combinaison d’une tasse de café et d’un carré de chocolat va correspondre une valeur mesurant votre satisfaction. Il existe tout un ensemble de combinaisons possibles (deux tasses, un carré de chocolat ; 1,5 tasse, deux carrés de chocolat, etc.) qui vous procurent le même niveau de satisfaction et entre lesquelles vous êtes indifférents : la courbe d’indifférence est le lieu de ces combinaisons.

Le long de cette courbe, le renoncement à un peu de café est compensé par un supplément de chocolat. La courbe d’indifférence est décroissante car la quantité de café qu’on est prêt à abandonner pour obtenir une quantité supplémentaire de chocolat décroît à mesure qu’on a moins de café. Il existe en théorie une infinité de courbes d’indifférence possibles qui jamais ne se croisent : toute combinaison associant à la fois plus de café et plus de chocolat est toujours préférée (tant que notre seuil de satiété n’est pas atteint). Ainsi, plus on accède à une courbe d’indifférence éloignée de l’origine des axes et plus, en théorie, on est satisfait.

Substituables ou complémentaires

Le cas le plus standard est celui de biens que le consommateur apprécie de consommer ensemble, mais qui ne sont ni remplaçables l’un par l’autre (les biens substituables) ni indispensables l’un à l’autre (les biens complémentaires). Dans le cas de biens substituables, où une unité de l’un remplace exactement une unité de l’autre, la courbe d’indifférence prend la forme d’une droite décroissante : le long de cette droite, une unité en moins de l’un des deux biens est exactement compensée par une unité en plus de l’autre.

Dans le cas des biens complémentaires, la courbe d’indifférence a la forme d’un L : sur la partie verticale comme sur la partie horizontale, augmenter la quantité consommée d’un seul des deux biens ne modifie pas la satisfaction obtenue avec la combinaison située à l’angle. Par exemple avoir plus de café si on ne peut pas y mettre plus de sucre (quand on aime le café sucré) n’augmentera pas la satisfaction. Evaluer l’importance de ces effets de substitution ou de complémentarité est crucial pour le décideur public : taxer l’essence ne sera pas sans effet sur la consommation d’automobiles et donc aussi sur la production et sur l’emploi dans ce secteur, etc.

Enfin, tracer des courbes d’indifférence ne pose pas de problème tant qu’il s’agit de biens qui ont un marché et donc un prix. Cela se complique dans le cas de biens qui ont une valeur, mais pas de prix. C’est notamment le cas des biens environnementaux et des biens publics. Il faut alors recourir à d’autres méthodes pour évaluer, par exemple, combien un consommateur est prêt à payer pour la construction d’un hôpital, d’une école, d’une crèche… Il s’agit de plus en plus de méthodes d’enquêtes.

Jézabel Couppey Soubeyran, Alternatives Economiques n° 318 - novembre 2012


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