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Le difficile chemin qui mène à la zone de libre-échange africaine

Le Monde - 06.06.2015

samedi 6 juin 2015

Lors du sommet de l’Union africaine qui se tiendra du dimanche 7 au lundi 15 juin à Johannesburg (Afrique du Sud), les chefs d’Etat vont officiellement donner le coup d’envoi des négociations autour de la future zone de libre-échange africaine (CFTA).

Elles doivent durer au moins deux ans, et la tâche s’annonce ardue. "Avec l’Union européenne, vous avez commencé avec un marché à six pays, vous êtes désormais vingt-huit ; pour nous, c’est cinquante-quatre pays qu’il faut mettre d’accord !", rappelle Fatima Haram Acyl.

La commissaire au commerce et à l’industrie de l’Union africaine a écouté les doléances des plus petits pays : "Ils craignent de perdre leurs revenus douaniers avec la levée des barrières et redoutent la concurrence des produits des pays plus industrialisés."

Si elle évoque d’éventuelles compensations, son argumentaire est bien rôdé. "Le continent est trop fragmenté aujourd’hui, explique la Tchadienne ; ensemble, nous pourrons plus facilement attirer les investissements étrangers, mieux négocier des accords commerciaux avec le reste du monde et coordonner des programmes d’infrastructures régionaux."

La part des exportations entre pays africains dans leurs flux commerciaux n’est en moyenne que de 12 %, contre 40 % en Asie et près de 65 % en Europe. Or, selon les experts, l’intégration régionale stimule les taux de croissance.

Manque de diversification

Les pays deviennent aussi moins dépendants des marchés extérieurs. "Il ne peut pas y avoir de bonne raison à ce que nous commercions plus facilement avec l’Asie, l’Europe et les Amériques plutôt qu’avec nos semblables africains", a rappelé le président kényan, Uhuru Kenyatta.

C’est à l’autre bout du continent, à Charm el-Cheikh en Egypte, qu’un pas important va être fait le 10 juin. Le Marché commun de l’Afrique orientale et australe (Comesa), la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC) et la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC) vont lancer une zone de libre-échange "tripartite" (TFTA). Cet ensemble réunira vingt-six pays avec un produit intérieur brut (PIB) total de 630 milliards de dollars (560 milliards d’euros). Outre le protectionnisme et la corruption, c’est surtout le manque de diversification des produits transformés en Afrique qui risque d’être un frein à l’unification du marché continental.

S. H. (Johannesburg, correspondance)


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