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Sony défie Apple et Samsung dans le secteur des smartphones

Le Monde - 06.09.2013

samedi 21 septembre 2013

Le groupe japonais lance le Xperia Z1, un modèle haut de gamme pour lequel il a mobilisé ses spécialistes de la photo

C’est vraiment tout Sony qui est dans ce téléphone ", prêche Kazuo Hirai devant un parterre de journalistes. Hâbleur comme un patron américain, le PDG de Sony a présenté le nouveau smartphone du groupe japonais mercredi 4 septembre à l’IFA Berlin, le salon de l’électronique grand public en Europe.

Baptisé Xperia Z1, ce nouveau modèle (prix de vente : 700 euros), mise sur la qualité de son écran et sur celle de sa partie photo. Deux piliers historiques de Sony.

L’engin fait partie d’une série de produits lancés par le japonais. Une montre connectée, des appareils photo, des télévisions, des caméras... Et même un accessoire pour smartphone d’un nouveau genre : un objectif qui se fixe sur un mobile pour en améliorer les performances photo. L’appareil peut fonctionner tout seul, avec le téléphone en guise de télécommande.

" Depuis 2012, Sony fait de grandes annonces sur la fin du cloisonnement entres ses différentes activités et sur sa stratégie unifiée. Avec cet objet, il commence à prouver que ce ne sont pas que des mots ", souligne Ian Fogg, analyste chez IHS.

Après quatre années de souffrance et de pertes, Sony semble sur la voie du redressement. En 2012, le groupe a renoué avec les bénéfices, s’appuyant notamment sur les ventes de ses téléphones mobiles. La tendance positive se poursuit depuis.

" Nous sommes la seule marque à concurrencer Apple et Samsung sur les smartphones haut de gamme ", estime David Mignot, directeur général de Sony Mobile France. Au deuxième trimestre, le japonais a écoulé 9,6 millions de smartphones, une progression de 30 % par rapport à la même période de 2012. Selon le cabinet d’études Gartner, Sony est numéro six mondial du secteur, juste derrière LG, Lenovo et ZTE, Samsung et Apple restant loin devant.

La performance est marquante. Sony est le plus ancien fabricant de téléphones mobiles encore en activité. Le finlandais Nokia vient de se jeter dans les bras de Microsoft. Le canadien BlackBerry cherche un repreneur. Panasonic, concurrent nippon de Sony, a annoncé le 4 septembre son retrait du marché des smartphones grand public. Fin juillet, un autre japonais, NEC, avait pris la même décision.

Kazuo Hirai semble réussir son pari. Arrivé en 2012 à la tête de Sony, l’ancien responsable de la branche console du groupe a placé le mobile au centre de ses préoccupations. Et pressé les différentes unités du groupe de collaborer pour concevoir des produits haut de gamme.

" Auparavant, les ingénieurs des divisions travaillaient chacun dans leur coin, parfois sur des projets identiques ", avoue Benoit Lambert, directeur France de la branche grand public. Sur le Xperia Z1, ce sont les spécialistes maison de la photo qui étaient à la manoeuvre, pas ceux de la partie mobile.

Tout ceci n’a également été vraiment possible qu’avec le rachat, en 2011, de la part d’Ericsson dans la coentreprise Sony-Ericsson. " La nouvelle gamme de Sony montre que si les partenariats peuvent être positifs, les acquisitions peuvent l’être encore plus ", note Carolina Milanesi, analyste chez Gartner.

Ces synergies ne sont pas la seule raison du succès. Contrairement à Palm ou BlackBerry, Sony a choisi de ne pas développer son propre système d’exploitation (OS) et de s’appuyer sur celui de Google, Android, qui truste la grande majorité du marché. " Pour faire un OS, il faut des investissements colossaux, et réussir à gérer la question des applications. Cela prend énormément de temps dans un monde qui va très vite ", explique M. Mignot.

Dernier atout : Sony ne compte pas uniquement sur les smartphones pour vivre. Ceux-ci ne représentaient qu’un cinquième de ses revenus au deuxième trimestre. Avant les fêtes de fin d’année, Sony devrait lancer sa nouvelle console, la PlayStation 4. Il est aussi producteur de contenus culturels. Kazuo Hirai l’a rappelé : c’est lui qui a propulsé le tube de l’été, Get Lucky, du groupe français DaftPunk.

Julien Dupont-Calbo


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