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L’automobile, championne française des demandes de brevet

Le Monde - 12.04.2014

samedi 12 avril 2014

Constructeurs et équipementiers cherchent à protéger leurs innovations

Tout d’un coup, le siège s’incline en arrière et un support relève les jambes. Une lumière douce éclaire l’habitacle de la 5008, un monospace de Peugeot, dans lequel on a pris place. Les enceintes jouent une musique zen, tandis qu’une fragrance apaisante se diffuse et vient titiller les narines. Lentement, le siège s’anime et masse à la fois le dos et les mollets. Trois minutes de grâce dans une auto, un moment rare.

Jeudi 10 avril, PSA Peugeot Citroën présentait lors de ses journées de l’innovation dans son centre de Vélizy (Yvelines) son concept " Chrysalide ", qui permet de synchroniser les équipements d’un véhicule afin de faire " vivre une expérience de bien-être en voiture " en mobilisant plusieurs sens.

Très éloigné des derniers moteurs ultraperformants, des plates-formes techniques allégées, des technologies hybrides innovantes, et autres alliages de matériaux généralement détaillés aux technophiles, Chrysalide permet à PSA de montrer, sous un jour nouveau, sa politique en recherche et développement. Et les brevets que le constructeur dépose.

Pour la septième année consécutive, PSA était, en 2013, le premier déposant de demandes de brevet selon les données publiées, vendredi 11 avril, par l’Institut national de la propriété industrielle (INPI). Etonnamment, il n’a pas, malgré la crise qui l’a secoué, réduit cette activité.

Avec 1 378 demandes en la matière, le constructeur automobile dispose d’une longueur d’avance sur ses poursuivants, le groupe d’aéronautique et de défense Safran (645 demandes), numéro deux, et le Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies nouvelles (625 demandes).

Derrière, les principaux groupes industriels (L’Oréal, Airbus, Thales, Alstom, etc.), les instituts de recherche français (CNRS, IFP, etc.) se distinguent. A une exception près. Les fabricants de matériel de télécommunications ou de médicaments déposent pour leur part peu de demandes de brevet en France. Ils préfèrent en fait les poser à l’étranger.

En 2013 par exemple, Alcatel-Lucent n’a déposé en France que trente-cinq brevets, tandis qu’au niveau des huit offices de protection industrielle les plus importants (Etats-Unis, Corée, Japon, Allemagne, etc.), le groupe a été le deuxième le plus actif de l’Hexagone avec 980 demandes, derrière PSA (1 443 à travers le monde).

Sanofi est le numéro trois français, si l’on prend en compte ces huit pays, alors que le groupe pharmaceutique n’apparaît pas dans le classement français.

En France, l’une des particularités des données de l’INPI montre une prépondérance du secteur automobile. Outre PSA, Renault (543 demandes) occupe le quatrième rang du classement.

En 2013, et en un an, la marque au losange a déposé 60 % de demandes de plus. Elle a retrouvé son niveau de 2010. Le développement de nouveaux moteurs et la préparation d’une nouvelle gamme de véhicules (Twingo, Espace, etc.) expliquent cette accélération.

Outre les deux constructeurs français, les équipementiers du secteur automobile Valeo, Bosch et Michelin font aujourd’hui partie du " top 15 " des demandeurs de brevet en France.

Ce tir groupé s’explique aisément. A la fois ultraconcurrentiel et en évolution réglementaire permanente, le secteur investit aujourd’hui massivement pour alléger les véhicules et améliorer leur consommation. En brevetant activement, les constructeurs cherchent à protéger à la fois leurs nouveautés et aussi leurs procédés de fabrication.

" Pour PSA, le nombre de brevets correspond à une véritable hausse des nouveautés lancées par le groupe ces deux dernières années, explique Gilles Le Borgne, directeur de la recherche et de l’innovation du constructeur. Ainsi, la nouvelle plate-forme technique EMP2, qui équipe la 308 ou la C4 Picasso, a donné lieu à la demande d’une centaine de familles de brevets. Quant au nouveau moteur essence EB, il en a généré à lui seul deux cents. "

Reste que toute demande de brevet n’a pas pour finalité une innovation directement commercialisable. " Notre politique de dépôt se développe sur trois axes, indique M. Le Borgne. Il s’agit tout d’abord de protéger nos innovations. Ensuite, de verrouiller l’accès à certaines technologies déjà “dans la rue”. Enfin, nous cherchons à valoriser un porte-feuille d’innovations. " Dans le cadre de son alliance avec le groupe américain General Motors, PSA a ainsi cédé une partie de la propriété industrielle des moteurs EB.

De manière générale, prévient l’INPI, le classement des dépôts ne reflète pas toujours la politique d’innovation des entreprises. " Des changements de politique de dépôt ou de gestion des titres peuvent entraîner de fortes hausses ou baisses sans qu’il y ait un changement important de la politique d’innovation ", précise l’institut.

Philippe Jacqué


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