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Pénurie de capital-investissement

Marc Chevallier, Alternatives Economiques n° 332 - février 2014

dimanche 23 mars 2014

Le montant des levées de capital-investissement a fortement chuté en Europe en 2012. Un handicap pour les PME.

Pourquoi l’Europe n’a-t-elle pas donné naissance à Google ou à Facebook ? Le retard pris par le Vieux Continent dans la high-tech et l’économie numérique n’est pas dû à un manque d’inventeurs et de créateurs, mais plutôt à son incapacité à donner les moyens à ses jeunes entreprises innovantes de prendre leur essor. Les Etats-Unis se distinguent en revanche par la puissance de leur industrie du capital-investissement, une activité financière qui consiste, pour un investisseur, à entrer au capital de sociétés qui ont besoin de capitaux propres. La crise a eu pour effet collatéral de mettre à mal cette activité balbutiante en Europe, comme le montre l’étude réalisée par la Banque publique d’investissement Bpifrance [1].

Des fonds en baisse

En Europe, près de 24 milliards d’euros ont été levés en 2012 à des fins de capital-investissement, en baisse de plus de 40 % par rapport à l’année précédente. La chute est particulièrement sensible sur les plus grosses levées de fonds (supérieures à 250 millions d’euros). 36,5 milliards d’euros ont été effectivement investis cette année-là dans près de 4 850 entreprises, contre près de 45 milliards dans environ 4 780 entreprises un an plus tôt.

Les levées de capitaux ont mieux résisté en France, à 5 milliards d’euros en 2012, en recul de 22 % par rapport à 2011. Mais le montant des investissements réalisés dans l’Hexagone a, quant à lui, fortement reculé (- 37 %), de 9,7 milliards d’euros en 2011 à 6,1 milliards en 2012. Il y a quelques mois, l’Association française des investisseurs pour la croissance (Afic) affirmait que seule la moitié des besoins des PME françaises étaient satisfaits.

Malgré ces tendances plutôt défavorables, la France fait partie des trois leaders européens du capital-investissement, avec le Royaume-Uni et l’Allemagne. Elle est numéro un en Europe pour le montant des levées de capital-risque, cette catégorie de capital-investissement destinée à financer les premières phases de développement d’une entreprise.

Trois secteurs favorisés

Acteur public de poids dans ce secteur, Bpifrance revendique avoir investi avec ses fonds partenaires 1,3 milliard d’euros en 2012 dans un peu moins de 900 PME, soit plus d’une PME sur deux faisant l’objet d’un financement en fonds propres en France. Bpifrance est cependant née… en 2013 d’une promesse du président Hollande de créer une banque publique pour relancer la compétitivité des entreprises en France et soutenir la création d’emplois. Le bilan qu’elle présente est par conséquent plutôt à mettre au crédit des différentes entités préexistantes qui ont fusionné pour la composer : Oseo, la banque des PME, CDC entreprises et le Fonds stratégique d’investissement (FSI), créé en 2008 par Nicolas Sarkozy.

L’accent mis sur le renforcement de la compétitivité dans les missions de cette banque publique, comme déjà celles des structures qui l’ont précédée, se traduit par le fait que ses investissements sont concentrés dans trois secteurs : l’industrie manufacturière, les activités spécialisées, scientifiques et techniques, et l’information et la communication, soit les trois quarts des entreprises investies, alors que ces secteurs ne comptent que pour un cinquième des PME françaises.

Marc Chevallier, Alternatives Economiques n° 332 - février 2014


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