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Feu vert de Pékin à la coentreprise entre Renault et Dongfeng

Le Monde - 06.12.2013

samedi 7 décembre 2013

Les deux partenaires prévoient d’ouvrir leur première usine commune en 2016

Cette fois, l’issue ne fait plus de doute. Après avoir attendu plus d’un an et demi, le gouvernement chinois a officiellement autorisé, jeudi 5 décembre, la coentreprise Dongfeng-Renault (DFR), lors du voyage du premier ministre français, Jean-Marc Ayrault, en Chine. La signature officielle de la coentreprise doit intervenir le 16 décembre.

Le 21 novembre, le conseil d’administration de Renault s’était réuni de manière extraordinaire pour autoriser une telle signature afin d’être prêt en cas d’autorisation des autorités chinoises.

Renault et son homologue chinois, déjà partenaire de Nissan, et de PSA Peugeot Citroën, posséderont chacun 50 % des parts de la nouvelle entité DFR. Les deux groupes se sont entendus pour investir 7,76 milliards de yuans (932 millions d’euros) afin de déployer la marque Renault et de construire une première usine commune d’une capacité de 150 000 véhicules à Wuhan, le fief de Dongfeng, au cœur du pays.

Les engins de chantiers sont déjà en action sur le site choisi, car la coentreprise entend produire ses premiers véhicules pour le marché chinois à l’horizon 2016. Afin d’accélérer sa mise au point, la configuration de l’usine sera calquée sur les usines locales de Dongfeng-Nissan. De même, les fournisseurs locaux ont déjà été repérés par la coentreprise Renault Nissan Purchasing Organisation, en charge des achats communs du groupe.

Renault est très en retard sur le premier marché de la planète, avec 18 millions de véhicules vendus en 2012. Jusqu’à présent, le constructeur français ne vendait que des voitures importées. En 2012, il avait écoulé 29 724 véhicules, essentiellement des 4 × 4 Koleos produits dans son usine de Corée du Sud.

Entre janvier et octobre 2013, le groupe y avait commercialisé seulement 20 000 véhicules. C’est moins de 0,1 % du marché. Grâce à sa première usine locale, Renault entend rattraper une partie de son retard. " Si nous entrons en Chine, ce n’est pas pour faire de la figuration ", confiait récemment au Monde Gilles Normand, le responsable de Renault en Asie-Pacifique.

L’expérience de Nissan

Pour réussir, le groupe entend s’inspirer de l’expérience de son allié Nissan, arrivé en 2002, et qui en dix ans vend déjà plus d’un million de véhicules par an dans le pays. Par contraste, PSA, arrivé dans les années 1980, devrait écouler cette année 550 000 voitures.

Pour l’instant, Renault ne veut pas dévoiler les modèles de véhicules qu’il produira sur place, mais une chose semble sûre, il devrait proposer des 4× 4 et des berlines plutôt haut de gamme, un segment où il a encore tout à prouver. Il pourrait aussi assembler un véhicule électrique.

En revanche, la plate-forme " M0 ", celle des Logan, Duster et autres Sandero, qui fait le succès du losange dans le monde, ne devrait pas être industrialisée dans un avenir proche en Chine. Eprouvée, elle aurait pu assurer à Renault d’importants volumes.

Philippe Jacqué


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